La philosophie est une méthode de développement de l'intelligence. Elle enseigne un art de poser les problèmes, des méthodes pour les discuter, et propose de guider l'intelligence vers des problèmes (et parfois même, des réponses!) qui la nourriront au mieux.

C'est parce que la philosophie est une méthode, et non un savoir, qu'elle est "smart" ou "agile". Elle s'adapte à tous les sujets, elle voyage dans tous les univers, elle épouse tous les styles d'intelligence.

La philosophie vous mènera partout.  J'en veux pour preuve le parcours riche et atypique qui m'amène à écrire ces lignes : d'abord formée à la philosophie sur les bancs de la très classique Sorbonne, j'ai ensuite cheminé vers la finance et la responsabilité sociale, à cheval entre le monde de l'entreprise et l'université.

Trajectoire d’un philosophe docteur en finance. Aujourd’hui docteur en finance sur la question de la rentabilité de l’investissement dans la responsabilité sociale, je partage mon temps entre l’enseignement à l’université et le développement de Quest Education, une organisation qui propose une démarche éducative innovante.

Ethique et économie, une question-clé. On pourrait penser que ce parcours si particulier n’aurait pour effet que de produire une énième experte surdiplomée, puisque j'enseigne une discipline qui, n'existant dans aucune nomenclature officielle, fait office d'oiseau rare :  l'éthique appliquée à l'économie et à la finance. Pourtant, au petit sourire entendu, parfois accompagné d'un "Hé bien, il y a du travail", je sais que la question de savoir comment construire une économie plus humaine est d'une ampleur qui dépasse de loin l'appellation très confidentielle de ma discipline. La question est, sinon sur toutes les lèvres, du moins dans beaucoup de coeurs. Or la philosophie, médecine de l'âme selon les anciens, ne peut développer l'intelligence sans réjouir le coeur. C'est donc une très belle et utile question philosophique que de comprendre comment l'économie peut être au service de l'humain.

Concilier éthique et rentabilité. Ma thèse contribue à montrer que l’investissement dans la responsabilité sociale est rentable via un gain d’efficience dans le capital humain. En choisissant d'interroger la finance d'entreprise sur la question de la rentabilité de l’éthique et de formuler des réponses dans les règles du jeu du système économique actuel, j'ai cherché à ancrer mes aspirations de philosophe dans un réalisme qui produit des réponses certes imparfaites mais qui sont des voies à explorer alliant éthique et économie. L’éthique a toute sa place dans la construction d’une économie du bien commun qui garantirait un développement socio-économique intelligent, durable, et partagé.

Une expression résume ce qui  me passionne : le capital humain. Un capital aux propriétés très singulières, à faire pâlir n'importe quel produit financier : rendements infiniment croissants, partageables et inépuisables... Ce qui rend ce concept si fascinant, c'est la tension des idées qu'il rassemble : capital financier, mais aussi richesse inestimable de l'être humain. Le concept de capital humain n'a pas fini de faire parler de lui, parce qu'il exprime à lui seul notre idéal de société : prospérité et humanisme. Qu'est ce qui fait "valeur"? En philosophie? En économie ? Est ce compatible ? Une économie centrée sur la valeur apportée par l’être humain est-elle possible ? Quel serait son système financier ? A ma mesure et à ma façon, j’explore concrètement ces questions à travers Quest Education, une organisation qui développe une offre éducative innovante et solidaire avec la conviction qu’investir dans l’humain est un des piliers d’une économie du bien commun.